La salle d’exposition de Buitrago se situe au rez-de chaussée de la bibliothèque Eugenio Arias. Cette bibliothèque a été construite en 2010 à l’initiative du Maire Angel Martinez en hommage à Eugenio Arias et à son désir d’offrir à tous un accès à la Culture et à l’Art.

Depuis son ouverture la salle d’exposition accueil chaque année les expositions du Pont de l’Art et de l’Amitié et des expositions organisées par la Communauté de Madrid.

A l’étage, la Bibliothèque Eugenio Arias renferme un fond riche en livres et documents sur Pablo Picasso. La famille Arias a récemment fait donation de l’ensemble des livres de la bibliothèque personnelle d’Eugenio Arias afin de d’augmenter ce fond, mais aussi de montrer les livres particuliers qu’il avait choisi.

La Bibliothèque ou Le rêve d’Eugène Arias

Des livres, des livres ! Voici un mot magique qui équivaut à dire “amour, amour” et que les gens doivent demander quand ils demandent du pain ou quand ils aspirent à la pluie pour leurs semailles.   Federico García Lorca, Au village de Fuente Vaqueros

Eugène a été depuis un âge précoce un amant des livres, alors les livres manquaient dans Buitrago, au début du siècle passé, dans les temps de sa jeunesse. Dans la maison où il est né il n’y avait pas de livre, mais, aussitôt qu’il a commencé à travailler, il a fait des économies pour en acheter quelques uns et s’est réjouit de partager ses lectures avec ses amis, en mettant les livres à la disposition des clients qui venaient à se raser dans la boutique du barbier où il officiait. Il avait l’habitude de dire “Les livres sont la lumière et la vie, ce sont eux qui nous procurent le plaisir le plus intime” et il ajoutait qui n’étaient pas faits pour un lecteur solitaire mais pour passer de main en main.

Une bibliothèque particulière

On dit souvent que sa bibliothèque est son portrait vivant, qu’on peut savoir qui est une personne à travers les livres qu’on choisit, et la vérité est que toute la vie d’Eugène se reflète dans les livres qu’il a laissé derrière lui. Eugène était tout cœur, les livres et les documents qui appartiendront désormais à tous sont un reflet fidèle de ce qu’il pensait et ressentait. Cette collection se limite à trois thèmes qui font écho aux œuvres qu’il a données au Musée.

La première, la plus représentée, est, sans surprise, le résultat de son amitié inconditionnelle avec Picasso, comme en témoignent les livres d’art, les monographies, les catalogues d’exposition, les photos, les magazines et d’innombrables articles de presse sur son ami qui a coupé et conservé religieusement.

La seconde, en raison de son attachement indéniable à son identité espagnole, est liée à la tauromachie et aux fans. Désirant ardemment l’Espagne pendant son exil, les arènes d’Arles ou de Nîmes furent, pour lui comme pour Picasso “Terre d’Espagne”, d’où les amitiés avec des banderilleros habiles et les collections de photos, livres, affiches de corridas et revues tauromachiques qu’il appréciait.

Le troisième est son attachement à son idéal républicain qui le lie à l’accès de tous à la Culture et à la lutte pour une plus grande justice sociale. Quelques livres scolaires du début du XXe siècle et des documents manuscrits témoignant de son amour de la poésie et de sa participation à une troupe de théâtre amateur en témoignent, sauvés de la boutique du coiffeur à Buitrago. Depuis son long exil en France, parce qu’il faisait partie du Comité des Amis de l’Espagne qui, sous la présidence de Picasso, réunissait des exilés politiques espagnols et participait à des campagnes d’amnistie pour les prisonniers politiques, une collection remarquable de journaux, magazines français et espagnols, affiches et photos ont été laissés pour contextualiser les nombreux dessins et lithographies de Picasso qui défendait ces causes à cette époque.

La bibliothèque d’Eugenio dans Buitrago

Buitrago abritait déjà les pièces de la collection d’Eugène Arias fruit de son amitié avec Picasso. Avec la donation de ces livres et d’un fond d’archives qui se compose des photos, d’affiches et d’objets personnels relatifs à l’histoire du musée nous avons essayé de poursuivre le Pacte d’Amitié d’Arias et Picasso, en agrandissant et en complétant l’offre culturelle du Musée.

À l’image des grands musées de l’Europe et des États-Unis qui ont l’habitude de contextualiser maintenant les oeuvres avec fonds d’archives nous voudrions offrir le public le plus varié, les spécialistes comme aux curieux, une possibilité de pénétrer dans sa connaissance.

Le fond documentaire de la bibliothèque est consultable ici